jeudi 7 juin 2007

Qui sont les parlementaires ?

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qui sont les parlementaires ?


- Après confrontation des différentes définitions rencontrées, nous avons retenu, comme membres du parlement, le premier président, le procureur général, les deux avocats généraux, les présidents à mortier, les conseillers de la Grand' Chambre, des deux chambres des Enquêtes et leur président respectif, les commissaires aux Requêtes et leur président, ainsi que les membres de la Chambre de l'Édit et, après 1702, les deux chevaliers d'honneur, soit 113 membres simultanément. Nous avons choisi d'écarter les greffier en chef car celui-ci est dit être membre du corps de la cour mais n'a pas la qualité de magistrat.

Caroline Le Mao
Parlement et parlementaires, Bordeaux au Grand Siècle
éd. Champ Vallon, janvier 2007, p. 10









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mercredi 23 mai 2007

La noblesse "dative" des officiers (Emmanuel Le Roy Ladurie, 1991)

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château Louis XIII en Normandie



La noblesse "dative" des officiers

Emmanuel LE ROY LADURIE (1991)


Le règne d'Henri voit aussi se consolider l'influence d'une classe de détenteurs de la fonction publique qu'on définit comme "officiers" et dont les plus à leur aise, souvent possesseurs de châteaux, forment une noblesse "dative", ou de dignité [par opposition à la noblesse native, ou de gentilicité], qu'on appela logntemps chez les historiens "noblesse de robe" ; ils sont dans l'État, propriétaires de leur emploi (ou quelques fois de leur sinécure), possesseurs de leur charge ou office, et sont plus heureux d'un certain point de vue que des fonctionnaires contemporains. C'est tout dire : ils bénéficient en effet d'une titularisation qui ne leur est pas seulement offerte à titre viager, comme de nos jours, mais qui comporte de facto un prolongement héréditaire. Ils peuvent léguer la charge à leur rejeton, ou la vendre, à condition, bien sûr, que le fils ou l'acquéreur, en principe, ait une dose minimale de compétence.

Un groupe social et lignager de la fonction publique a surgi de la sorte ; du fait de son renforcement progressif, ce groupe comprendra pour le moins, au second tiers du XVIIe siècle, quarante à cinquante mille familles d'officiers, de père en fils, sur les quatre à cinq millions de ménages qui fleurissent ou pâtissent en territoire français : soit une famille sur cent. Cette petite élite influente n'est pas toujours efficace au plan de l'administration quotidienne du pays. Mais du simple fait des longues stabilités d'emploi qui la caractérisent, elle met en échec, partiellement, l'absolutisme éventuel et le pouvoir arbitraire des rois Bourbons ; elle freine les excès du despotisme monarchique ou ministériel ; elle participe des deux aspects essentiels de la construction de l'État, telle que nous l'envisageâmes entre 1595 et 1610. Soit : croissance amorcée ; mais aussi ouverture, ne serait-elle que d'assez modeste durée. La croissance, c'est le destin même d'un appareil d'État qui demeure encore arbre de justice, mais qui se trouve, à tout prendre, en situation d'essor, de cinq mille officiers en 1515 à cinquante mille en 1661 ; bref, on passe de l'État "petit" du jeune François 1er, à l'État de proportions moyennes, modeste encore, mais déjà plus substantiel, du jeune Louis XIV.

Emmanuel Le Roy Ladurie, L'Ancien Régime, I, 1610-1715
(Hachette, 1991), éd. "Pluriel", 1993, p. 26-28.


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Abel Servien, marquis de Sablé et de Boisdauphin,
comte de Roche-Servien et comte de La Roche des Aubiers
(1593-1659), diplomate au service de Mazarin



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